« Breathwork, respirez pour changer » : Emilie Veyretout nous donne des exercices de respiration pour mieux gérer le confinement

Son livre est une bénédiction. Quand Émilie, ex-journaliste au Figaro et désormais auteure et consultante wellness rencontre lors d’une séance de Breathwork Susan Oubari, coach et pionnière de la technique en France, elle voit la lumière. Une belle inspiration, une grosse expiration et la vérité juste sous son nez : une vie meilleure et plus douce lui était réservée. Ensemble elles écrivent un ouvrage libérateur sur la méthode de respiration des années 1970 en vogue aux États-Unis « Breathwork, respirez pour changer ». 200 pages pour s’offrir un detox mental et libérer notre énergie.  On y aborde les grandes thématiques de la vie : apprendre à devenir parent, qui est-on, que veut-on devenir, savoir dormir mais surtout se réveiller ! l’amour et la sexualité … Le tout en respirant et laissant le souffle chasser nos peurs et métamorphoser notre quotidien. Émilie, à cœur ouvert, nous raconte les dessous de cette aventure et nous donne quelques pratiques de respiration faciles à faire chez-soi tirées de son livre, pour apprendre à mieux gérer ce deuxième confinement.

En quelques mots, peux-tu nous expliquer le Breathwork ?

C’est une méthode de respiration très à la mode en ce moment aux États-Unis, encore plus depuis la Covid : logique, on y apprend non seulement à respirer, mais à mieux gérer ses émotions (donc le stress, la peur, l’anxiété…). Le Breathwork est né en Californie, dans les années 1970. Un psychiatre, Stanislav Grof, étudiait le potentiel psychothérapeutique du LSD. Quand cette drogue a été interdite, il a cherché un moyen naturel de reproduire ses effets. Il l’a trouvé avec l’aide de sa femme, une professeur de yoga : la respiration holotropique. Depuis plusieurs « écoles » existent, mais grosso modo le fonctionnement est toujours le même. On respire uniquement par la bouche (deux inspirations, une inspiration) et au bout de quelques minutes, on entre dans un état modifié de conscience. Sans rentrer dans les détails physiologiques (c’est une histoire d’hypothalamus, d’oxygène et de dioxyde de carbone), la partie frontale du cerveau, celle qui analyse et limite, se met sur pause tandis que l’inconscient se manifeste. On découvre de nouvelles facettes de soi, on libère des peurs, certains parlent même de « visions ».

 

Ce livre correspond t-il à un moment particulier de ta vie? 

Absolument. D’abord, j’ai « croisé » le Breathwork à un moment où j’avais besoin de réponses. J’avais envie de changer, si ce n’est de vie en général, de vie quotidienne : m’occuper plus de mes enfants, prendre plus de temps pour moi… Bref, de façon générale et comme pas mal de gens autour de la quarantaine, de ralentir. Je dirigeais la rubrique beauté du Figaro, un job que j’ai adoré faire pendant dix ans, mais j’avais envie d’autre chose. 

C’est drôle parce que lorsque j’ai rencontré Susan pour l’interviewer, la première fois, elle m’a fait tirer une carte de tarot et j’ai tiré « la Source ». La Source c’est retourner en soi, chercher ses forces à l’intérieur et se laisser guider. Drôle, non? On a écrit une séance, dans le livre, sur ce thème. Pour ce qui est de l’écriture, Susan était à Paris, moi confinée dans une maison en Normandie, nous nous parlions quasiment tous les jours, écrivions chacune de notre côté. L’histoire de Susan, une femme avec ses problèmes (le stress, l’âge, les relations…), une maman (et ses problèmes aussi!), une ancienne DA dans la mode qui s’est reconvertie en coach spirituelle, résonnait beaucoup en moi. Elle a mis toute sa sincérité dans ce livre, je crois que ses mots résonnent chez énormément de gens. De mon côté, j’ai écrit ce livre comme j’aimerais qu’on le lise : en réfléchissant à chaque mot, à chaque souffle. Le Breathwork c’est une discipline à la mode, mais c’est aussi un formidable support d’introspection. En plus des exercices de respiration, on donne des tas d’outils pour partir à la recherche de soi : le journaling, qui consiste à écrire chaque jour ce qui nous vient à l’esprit pour identifier et évacuer la rumination, la méditation, l’utilisation des huiles essentielles…

Qu’est-ce que le Breathwork a changé en toi ? 

Lors de la séance, j’ai littéralement « vu la lumière » – et pourtant honnêtement, j’en ai testé, des méthodes spirituelles, dans ma vie! Sans vraiment y penser, je me suis rendu compte que j’avais relâché certaines peurs et ouvert de nouvelles portes. La suite a été une autoroute. J’étais en train de négocier mon départ du Figaro, tout s’est passé à merveille, j’ai écrit le livre, je me suis formée au Reiki, une méthode de soin énergétique japonaise qui a bouleversé ma vie, j’ai commencé à travailler sur un concept de bien-être qui devrait voir le jour bientôt… La fameuse guirlande de vie dont parle Susan dans une de ses séances : chaque personne, chaque événement nous emmènent toujours, tranquillement ou plus brusquement, vers qui l’on doit devenir.

 

Que vois-tu de positif dans ce confinement ? 

Alors là, c’est brusque justement! Autant j’ai adoré le premier – confinée dans une maison à la campagne au printemps avec mon mari et mes filles, c’est exactement ce dont je rêvais en fait! – autant le second me semble synonyme de frein, de stagnation en terme d’énergie. Mais avons-nous le choix? Le positif c’est que l’on se rend compte de la chance et de la liberté qu’on a (d’habitude), le temps qui nous est offert de se poser, de penser aux choses importantes plutôt qu’aux choses urgentes.

 

Quels conseils donnerais-tu pour mieux l’appréhender ? 

Respirer! Pas seulement en plein pic de stress, pour redescendre, mais une dizaine de minutes chaque jour, comme un rituel avec soi-même. Par le nez ou par la bouche, en gonflant le ventre et/ou la poitrine, en chantant des mantras ou en créant des intentions positives… Réapprendre à respirer c’est le point commun entre la méditation, le yoga, la sophrologie ou le Breathwork… C’est gratuit, accessible et les effets sont puissants, sur tous les plans : émotionnel, spirituel, physique – des études, à Yale, démontrent même que cela peut renforcer notre système immunitaire. 

 

Les enfants peuvent-ils se mettre au Breathwork ? 

Le Breathwork en tant que tel, c’est-à-dire l’hyperventilation contrôlée, surtout pas! En revanche apprendre à son enfant à respirer par le ventre, comme le font naturellement les bébés, et à réguler sa colère ou sa frustration grâce à son souffle, évidemment! Dans le livre il y a un exercice dédié aux petits. L’idée, par le jeu, est de lui faire identifier ses émotions via les parties de son corps et un système de couleurs. Les sentiments négatifs ne doivent surtout pas être refoulés (« ce n’est pas grave », « arrête de pleurer ») car ils se préparent à la vie : c’est notre rôle de parents d’offrir aux enfants l’espace nécessaire pour explorer leur intériorité.

Quels sont tes moyens d’évasion et de détox mentale autre que la respiration?

Le Reiki, énormément, que je pratique tous les jours. Et plus pratiquement, n’importe quelle technique qui me permet de déconnecter complètement : jouer avec mes enfants sans Smartphone à la main, écouter une musique planante (vous avez déjà entendu parler des effets cachés sur le cerveau des opéras de Mozart?), me lancer dans une recette de cuisine inédite et très, très compliquée… Bref, m’accorder au moins dix minutes par jour sans écran, sans nouvelle du monde extérieur, sans rien. Les psychiatres appellent ça le « mind-wandering » et ils disent que ceux qui sont le plus équipés pour résister au stress sont ceux qui réussissent à déconnecter, à – malgré tout – continuer de rêver.

 

Pourrais-tu nous donner quelques exercices de Breathwork faciles à faire chez soi et en famille ? 

Le plus simple de tous, un excellent début pour reprendre contact avec son souffle et calmer tout le monde en quelques minutes! Susan le donne à tous ses élèves, c’est la base!

  1. On s’assoit ou on s’allonge, on met une main sur la poitrine et l’autre sur le ventre.
  2. On inspire profondément par le nez : il faut sentir l’air circuler des narines vers l’abdomen, ce qui fait gonfler le ventre.
  3. La cage thoracique se remplit lentement, sans que l’on ait besoin d’y penser.
  4. Puis en pinçant les lèvres comme si l’on buvait à la paille, on appuie doucement sur le ventre pour qu’il se creuse, en expirant lentement.
  5. On fait dix respirations comme ça, les petits adorent, je l’ai fait encore hier soir avec ma fille dans son lit qui avait mal au ventre… et elle s’est endormie!

 

 

 

« Breathwork. Respirez pour changer » aux Editions Flammarion, en librairies, à la Fnac et sur Amazon, 18 €.

Texte – Marie-Gabrielle GRAFFIN

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